Prothèse totale d’épaule (PTE)

Qu’est-ce qu’une arthrose d’épaule ou omarthrose ?

L’épaule correspond à l’articulation entre l’omoplate et l’humérus (Fig. 1). La partie supérieure de l’humérus constitue une tête qui pivote face à une surface plate appelée glène.

La coiffe des rotateurs est l’ensemble des tendons qui relient certains muscles de l’épaule à la tête de l’humérus.

En se contractant ces muscles de la coiffe entraînent les mouvements au niveau de l’épaule et du bras.

L’arthrose est l’usure du cartilage présent au niveau des surfaces de glissement. Cette usure s’accompagne aussi de remaniements de l’os de l’humérus et de l’omoplate (Fig. 1, photo 1).

A l’épaule 2 types d’arthrose existent :

L’arthrose primitive, c’est-à-dire sans raison évidente, le plus souvent familiale.

L’arthrose secondaire, signifie que l’on retrouve une cause à l’apparition de l’arthrose : rupture ancienne de la coiffe des rotateurs, pathologie inflammatoire polyarthrite rhumatoïde…), nécrose de la tête humérale.

Pourquoi une opération ?

L’usure du cartilage est irréversible. L’évolution naturelle se fait vers une dégradation progressive de l’articulation, une limitation de plus en plus importante des mobilités et une utilisation du bras de plus en plus difficile. Les anti-inflammatoires et les anti-douleurs qui peuvent suffire au départ finissent par ne plus être efficaces. Le but de l’opération est le soulagement de la douleur, la récupération de meilleures mobilités.

Quelles techniques opératoires sont possibles ?

Cette chirurgie est réalisée sur une courte hospitalisation (1 à 2 nuits le plus souvent), sous anesthésie générale associée à une anesthésie de tout le membre supérieur opéré. L’intervention dure environ 1 heure.

Après l’opération, un pansement stérile est mis en place pendant 15 jours.

Un traitement pour la douleur vous sera prescrit et une attelle (immobilisation) sert à protéger votre épaule pendant 2 à 4 semaines.

Une incision est réalisée au niveau de la partie antérieure de l’épaule.  Un passage est fait pour accéder à l’articulation. La tête humérale est enlevée, puis les os de la glène et de l’humérus sont préparés pour recevoir la prothèse. La prothèse totale d’épaule comporte 2 parties : la tige humérale et la glène. En fonction de l’état de la coiffe des rotateurs on peut implanter 2 types de prothèse d’épaule :

– Si la coiffe des rotateurs est saine : prothèse anatomique avec une sphère du côté de l’humérus et une partie creuse du côté de l’omoplate (Fig. 2, photo 2)

– Si la coiffe des rotateurs est rompue : prothèse inversée avec une sphère du côté de l’omoplate et une partie creuse du côté de l’humérus. Ce type de prothèse permet de faire bouger le bras malgré la rupture de la coiffe des rotateurs, en utilisant d’autres muscles de l’épaule. (Fig. 3, photo 3).

Video de la chirurgie : https://www.ypo.education/orthopaedics/joint-replacement/shoulder-joint-replacement-t415/video/

Video de la chirurgie : https://www.ypo.education/orthopaedics/joint-replacement/reverse-total-shoulder-replacement-t414/video/

La rééducation post-opératoire et la reprise des activités

La rééducation consiste en des auto-étirements et des séances de kinésithérapie qui sont débutés dans les jours suivant l’intervention (pour une durée de 6 mois minimum).

Le but étant de réduire les douleurs initiales, et de récupérer les mobilités passives complètes de l’épaule. Aucun travail de renforcement musculaire n’est réalisé avant 3 mois minimum. Le port de charge lourde est déconseillé même à distance de l’opération.

Il faut attendre 45 jours pour reprendre le volant. La reprise du travail se fait à partir de 2 ou 3 mois en fonction de votre profession. La reprise des activités de loisir se fait après 3 à 6 mois.

Quels sont les risques et les complications ?

En plus des risques communs à toute intervention chirurgicale et des risques liés à l’anesthésie (risques cardiaques, neurologiques et généraux), notons quelques risques plus spécifiques à ces chirurgies :

  • Des réactions inflammatoires exacerbées (algodystrophie) ou des raideurs peuvent se développer. La bonne gestion de la douleur et de la rééducation limite ces complications rares.
  • Il est possible que la zone opérée saigne et qu’il se forme un hématome. En fonction de son importance, une évacuation peut être nécessaire.
  • La survenue d’une infection de l’articulation est une complication connue. Elle nécessite un lavage de l’épaule ou un changement de la prothèse et la mise sous antibiotiques pour 6 à 12 semaines.
  • Les nerfs qui entourent l’épaule peuvent être accidentellement blessés. Cette complication peut occasionner une douleur et une perte de la sensibilité de certaines parties du bras.
  • Des luxations (déboitement de la prothèse) peuvent survenir et nécessitent une réduction et parfois un changement de certaines pièces de la prothèse.

 

Les risques énumérés ne constituent pas une liste exhaustive.  Votre chirurgien vous donnera toutes les explications complémentaires et se tiendra à votre disposition pour évoquer avec vous chaque cas particulier avec les avantages, les inconvénients et les risques de l’intervention.